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samedi 29 octobre 2011

Assise et l'ouverture aux "non-croyants"

Cette semaine, je ne peux pas faire autrement que de parler de la rencontre interreligieuse d'Assise, qui s'est tenue hier, jeudi 27 octobre, 25 ans jour pour jour après la première réunion de ce type voulue par Jean-Paul II.
Beaucoup de bons et de beaux sentiments, qui pourraient faire vite oublier la profondeur et l'importance d'une telle rencontre.

A Jérusalem, j'étais habituée aux prières et réunions oeucuméniques et interreligieuses, auxquelles souvent on ne croit plus vraiment, vu les divisions évidentes et persistantes.

Mais même si j'ai suivi l'évènement derrière mon écran depuis Rome (même si j'étais à la gare pour le départ du pape, cf photos), j'ai été touchée d'assister à ces moments où ils étaient tous là, orthodoxes, anglicans, luthériens, juifs, musulmans, mais aussi bouddhistes, hindouistes, animistes...La portée symbolique est forte. Et l'évènement prouve que, même au niveau mondial, on ne peut plus faire autrement que de faire des pas dans la direction du dialogue entre les religions. Je préfère d'ailleurs parler de relations, d'échanges, de prise en compte de la différence de l'autre, prise en compte qui ne peut se faire qu'en se connaissant bien soi-même.

Dans son intervention devant les responsables religieux, dans la basilique de Sainte-Marie-des-Anges (quelques photos ici de l'église), Benoît XVI a parlé de la violence au nom de Dieu et de la violence en l'absence de Dieu. Il a tout d'abord offert une réflexion sur celle exercée pour des motifs religieux, présentant le dialogue interreligieux comme arme efficace pour lutter contre cette forme de violence. Reconnaissant aussi la violence qui a pu être exercée au nom de la foi chrétienne.

"Comme chrétien, je voudrais dire à ce sujet : oui, dans l’histoire on a aussi eu recours à la violence au nom de la foi chrétienne. Nous le reconnaissons, pleins de honte. Mais il est absolument clair que ceci a été une utilisation abusive de la foi chrétienne, en évidente opposition avec sa vraie nature. Le Dieu dans lequel nous chrétiens nous croyons est le Créateur et Père de tous les hommes, à partir duquel toutes les personnes sont frères et sœurs entre elles et constituent une unique famille. La Croix du Christ est pour nous le signe de Dieu qui, à la place de la violence, pose le fait de souffrir avec l’autre et d’aimer avec l’autre".


Puis il a dénoncé la violence issue du "non" à Dieu : les totalitarismes, le pouvoir de l'argent.

L'ouverture aux "non-croyants"

Dans ce discours "religion/anti-religion", Benoît XVI a évoqué dans son intervention la grande nouveauté de cette rencontre d'Assise 2011 : la présence de 4 "non-croyants" parmi les représentants des différentes religions.

"Dans le monde en expansion de l’agnosticisme, une autre orientation de fond: des personnes auxquelles n’a pas été offert le don de pouvoir croire et qui, toutefois, cherchent la vérité, sont à la recherche de Dieu".


Cela m'a rappelé mon cher professeur de philosophie lorsque j'étais en hypokhâgne/khâgne, qui parlait souvent de la foi, et disait : "J'aimerais croire, mais je ne crois pas. C'est trop beau pour être vrai". J'étais marquée par cette sincérité, cette recherche, mais aussi par la dureté du constat de l'absence de foi.

Benoît XVI, qui avaient déjà parlé lors de son récent voyage en Allemagne, des "chrétiens tiède" plus loin du royaume de Dieu que ceux qui ne croient pas, a parlé à nouveau d'une façon de pratiquer la religion capable de "cacher" le vrai Dieu et de l'importance de donner un témoignage véritable, en purifiant sans cesse sa propre foi. En d'autres termes, si les gens autour de nous ne connaissent pas Dieu, nous n'y sommes pas pour rien.

"Ces personnes cherchent la vérité, elles cherchent le vrai Dieu, dont l’image dans les religions, à cause de la façon dont elles sont souvent pratiquées, est fréquemment cachée. Qu’elles ne réussissent pas à trouver Dieu dépend aussi des croyants avec leur image réduite ou même déformée de Dieu. Ainsi, leur lutte intérieure et leur interrogation sont aussi un appel pour les croyants à purifier leur propre foi, afin que Dieu – le vrai Dieu – devienne accessible". 

Quelques liens
- Agnostoques, je vous aime ! du blog de Jean Mercier, sur le site de La Vie
- Entre l'animiste et la féministe, le Pape à équidistance de tous, idem
- Assise, les non-croyants à la rescousse, sur Témoignage Chrétien

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