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dimanche 16 octobre 2011

A Rome, un Congrès pour la Nouvelle Evangélisation

Hier, samedi 15 octobre, alors que les "indignados" manifestaient contre le système global et que les casseurs en profitaient pour plonger Rome dans le chaos, un autre évènement avait lieu dans la ville, de façon plus discrète, un Congrès international de deux jours pour la Nouvelle Evangélisation.
(photo : groupe français pendant les JMJ 2011 à Madrid)


De nombreux pays d'Europe et d'Amérique, mais aussi de l'Inde ou d'Australie, ils étaient plusieurs milliers à se réunir dans la ville éternelle pour deux jours de réflexions, de témoignages et de mission de rue à l'occasion du premier Congrès organisé par le tout nouveau Conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation, institué par Benoît XVI, qui a fait de ce sujet l'une des priorités de son pontificat. Preuve de l'importance qu'il attache à la question, il est allé en deux occasions à la rencontre des participants au Congrès, d'abord le samedi en fin d'après-midi, puis le dimanche pour la messe dans la basilique Saint-Pierre, où il a tenu une homélie particulièrement belle et dense. Au cours de cette homélie, il a annoncé une "Année de la foi", qui se tiendra d'octobre 2012 à novembre 2013, qui devra être vécue dans la perspective de la mission ad gentes et de la nouvelle évangélisation. Il s'agit donc pour les chrétiens de renforcer leur foi et donc leur identité pour pouvoir transmettre l’Évangile de façon renouvelée, pour témoigner par leur vie dans la société actuelle, où la connaissance de Jésus n'est plus quelque chose d'acquis dans les pays d'ancienne tradition chrétienne. C'est là la différence avec l'évangélisation tout court : donner l'annonce comme une première annonce, là où celle-ci a déjà eu lieu il y a plusieurs siècles mais n'est plus prise en compte.  Renouveler l'annonce se trouve donc en amont de toute autre initiative. Dans ce sens, le fait que l'Eglise en Europe ne concerne plus l'ensemble de la popultion est une vraie opportunité de revenir de façon plus sincère à la source, l'Evangile. 

Voilà le grand défi mis en évidence par l'Eglise depuis Vatican II, qui a rappelé que la mission faisait partie de la nature-même de l'Eglise et que chaque chrétien est envoyé par son baptême pour annoncer la bonne nouvelle. Un défi qui tenait déjà particulièrement à coeur à Jean-Paul II (le premier à employer les termes de nouvelle évangélisation, et la place comme priorité dans son encylique Pastores Dabo Vobis, en 1992).

J'ai pensé que finalement, les désirs des uns et des autres n'étaient pas si éloignés, ceux des indignés comme ceux des "nouveaux évangélisateurs", désirs de changer le monde, désirs légitimes de justice. Et comme il l'a déjà façonné, l'Evangile peut certainement, aujourd'hui encore, changer le coeur des hommes et ainsi le monde.

Qu'est-ce qu'annoncer la Bonne Nouvelle ? 


Sur le blog du P. Frédéric Manns, enseignant au Studium Biblicum Franscicanum de Jérusalem, j'ai trouvé cette définition de l'annonce, qu'il tire du livre sur Saint François d'Assise d'Eloi Leclerc, Sagesse d'un pauvre. Ce passage souligne bien les relations étroites entre évangélisation et charité.


Le Seigneur nous a envoyés évangéliser les hommes. Mais as-tu déjà réfléchi à ce que c'est évangéliser les hommes ? Evangéliser un homme, vois-tu, c'est lui dire : Toi aussi, tu es aimé de Dieu dans le Seigneur Jésus. Et pas seulement le lui dire, mais le penser réellement. Et pas le penser seulement, mais se comporter avec cet homme de telle manière qu'il sente et découvre qu'il y a en lui quelque chose de sauvé, quelque chose de plus grand que ce qu'il pensait, et qu'il s'éveille ainsi à une nouvelle conscience de soi.
C'est cela, lui annoncer la Bonne Nouvelle. Tu ne peux le faire qu'en lui offrant ton amitié. Une amitié réelle, désintéressée, sans condescendance, faite de confiance et d'estime profondes.

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