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samedi 8 octobre 2011

Le Colisée : “tragique et glorieux monument"

Même si je commence à prendre mes marques et habitudes, je suis encore un peu touriste à Rome. Or qui dit touriste, dit visites touristiques ! Dimanche dernier, le Colisée était au programme de mon exploration en règle des monuments et autres lieux d'intérêts de la capitale italienne.Etant donné qu'on ne change pas une équipe qui gagne, j'étais à nouveau avec Astrid. Motivée, elle s'était renseignée et avait pioché plusieurs informations sur le lieu avant de venir. C'est donc elle qui a orienté la visite grâce à son guide assez bien détaillé.


Emotion lorsque nous avons pénétré dans les arènes les plus célèbres du monde, que je n'avais jamais vues que de l'extérieur. D'un côté, on est d'abord frappé par les dimensions, voire la majesté d'un monument emblématique de la grandeur de l'Empire romain, qui inspirent un certain respect. Mais on pense aussi tout de suite aux fameux jeux qui s'y sont déroulés, tout aussi emblématiques de la Rome de l'époque, entre gloire et cruauté.

Le monument fut construit autour de 72 ap JC, principalement par quelque 12 000 (!) Juifs capturés lors de la destruction de Jérusalem en 70 et plus généralement pendant la guerre entre les habitants de province de Judée et les légions romaines de Titus. Pour l'inauguration, en l'an 80, les festivités durèrent 100 jours, et auraient coûté la vie à 3000 gladiateurs et 4500 bêtes sauvages.

Et puis naturellement, on pense aussi aux martyrs qui y ont donné leur vie pendant les persécutions de l'Eglise des premiers siècles, même s'ils ont été probablement bien plus nombreux à subir le martyre au Circus Maximus, non loin de là.

Toutefois, le Colisée a probablement vu mourir Saint Ignace d'Antioche, au IIe siècle, condamné à mort sous Trajan et emmené à Rome avec d'autres chrétiens pour y être jetés aux fauves. Pendant ce voyage vers le martyre, il écrivit des lettres à plusieurs Eglises, notamment à celle des Romains. L'une d'elles disait : "Que je devienne la proie et la nourriture des bêtes ! C'est par elles qu'il me sera donné d'aller jusqu'à Dieu. Oui, je suis le blé de Dieu. Que je sois moulu par les dents des bêtes pour devenir le pur pain du Christ" (Lettre aux Romains, V, 1).

Le Colisée fut consacré par Benoît XIV à la Passion du Christ, en mémoire des martyrs, au XVIIIe siècle. Aujourd'hui, on voit encore une grande croix pour rappeler ceux qui ont versé leur sang pour Jésus et le Vendredi Saint, c'est là que le Pape vient pour la Via Crucis.

A cette occasion, une année, Jean-Paul II caractérisa le Colisée comme un "tragique et glorieux monument de la Rome impériale, témoignage muet du pouvoir et de la domination, mémorial muet de vie et de mort, où semblent résonner, presque comme un écho interminable, des cris de sang et des mots qui implorent la concorde et le pardon".

"Tragique et glorieux" : tragique car il met en évidence la cruauté dont l'homme peut être capable, et devenu glorieux par le don de la vie dont l'homme peut être capable par la grâce de Dieu.

Ci-dessous, quelques photos un peu plus légères que cette petite conclusion spirituelle




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