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jeudi 24 mars 2011

Inquiétante escalade

Après le massacre d'une famille juive à Itamar, village juif de Cisjordanie, et alors même que se poursuit le regain de violence à la frontière entre Israël et la Bande de Gaza, l'attentat à la bombe de ce mercredi 23 mars 2011 pourrait marquer le retour d'une spirale de violence.


Hier dans l'après-midi, une explosion a eu lieu près d'un arrêt de bus à Jérusalem-ouest, non loin de la gare routière centrale. Le lieu et le moment, plus que la portée matérielle et humaine de l'attentat, sont significatifs. Une femme est décédée et l'on compte plus d'une vingtaine de blessés : ce n'est certes pas négligeable, mais le symbole est encore plus fort. Le message lancé est clair : il s'agit de prouver que les groupuscules terroristes ont encore une force de frappe, que le mur de séparation n'est pas infallible, et qu'il n'est pas l'unique motif de l'arrêt des attaques en Israël depuis de nombreux mois.

Ci-dessous, une vidéo des instants suivants l'attentat :



Flambée de violences à Gaza

Les tirs depuis la Bande et les ripostes de la part d'Israël n'ont jamais vraiment cessé depuis l'opération Plomb Durci, lancée en décembre-janvier 2008/2009, qui avait fait 1400 morts, l'écrasante majorité du côté palestinien. Mais depuis samedi, ces échanges ont atteint une intensité qui n'était plus d'actualité depuis 2 ans. Les populations juives des kibboutz et des localités proches de Gaza reçoivent quotidiennement des roquettes, tandis que les raids israéliens se multiplient. Plusieurs Gazaouis ont trouvé la mort, dont un enfant et deux jeunes.
Pourtant, le Hamas, au pouvoir depuis 2007, semble vouloir éviter que la situation ne dégénère, et tenterait de contenir les membres du Djihad islamique, qui pourrait également être à l'origine de l'attentat de Jérusalem.

Peut-on vraiment relier ces évènements ? Et s'il on remonte encore quelques jours auparavant, peut-on les associer au massacre de la famille Fogel, dans la colonie juive d'Itamar, en Territoires palestiniens ?

Entre durcissement et immobilisme

Les réactions officielles de l'Etat d'Israël sont préocuppantes par leur intransigeance. La réponse apportée par le gouvernement, nationaliste, à l'assassinat d'Itamar, a été la suivante : "Ils tuent, nous construisons". Dans les Territoires, alors même que cette question est l'un des problèmes majeurs empêchant la reprise des négociations de paix. De même, B. Netanyahou, premier ministre israélien, a promis de "rendre coup pour coup".

Mais en réalité, il règne d'une part comme de l'autre un certain attentisme : le processus de paix est au point mort, alors que la collaboration pour la sécurité se poursuit, surtout en Cisjordanie, presque jamais relayée dans les médias, et que face à ces signes encourageants, le gouvernement de Netanyahou ne prend aucune initiative pour la paix. Comme si de rien n'était, et malgré quelques destructions par l'armée d'avant-postes juifs illégaux en Territoires palestiniens, le gouvernement continue d'encourager les constructions.

L'immobilisme et l'incertitude caractérisent les deux camps, comme enfermés dans leurs rhétoriques respectives.

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